Rencontre avec Jonathan Heusse, Vainqueur du Bol d’or Mirabaud 2021

Vainqueur en temps compensé sur Gaston – Melges 32

– Qui es-tu et que fais-tu dans la vie ?

J’ai 41 ans, je suis entraîneur, directeur de courses pour la Société Nautique de Genève et responsable de la classe M2 (Ventilo M2 One Design, catamarans de course monotype de 28 pieds) La gestion de projet sportif est au cœur de mon métier.

– Comment as-tu fait de la voile ton métier ?

Tout à commencé à la Société Nautique du Léman Français où j’ai tiré mes premiers bords en optimist. J’ai ensuite passé mon BAFA qualification voile en sortie de BAC avant d’attaquer le Diplôme Fédéral équivalent au CQP actuel. Une fois la dynamique lancée, j’ai enchaîné avec le Brevet d’État à Quiberon à l’ENV avant de revenir dans la région et travailler pour le CER (Centre d’Entraînement à la Régate de la Ville de Genève). Je me suis très rapidement orienté vers le support lesté en équipage. Mettre en place et coacher un équipage, c’est un peu comme être un chef d’orchestre. C’est dur et exigeant, mais aussi passionnant d’avoir à former chacun pour qu’à la fin, l’équipage soit complètement opérationnel!

– Tu n’as jamais été tenté d’aller exercer en méditerranée ou sur la côte atlantique?

Si, bien sûr ! Je suis même parti assez tôt découvrir le milieu de la voile en Nouvelle-Zélande et Australie, où il est très facile de trouver un équipage et ou les conditions sont superbes. Mais j’aime la montagne, et j’ai été pisteur en saison plusieurs hivers. Et puis, il y a Genève. C’est un bassin de population très dense, dynamique et au pouvoir d’achat assez élevé qui rend possible la mise en place de projets de navigation très intéressants. Ce n’est pas partout que l’on peut aller s’entraîner directement à la sortie du boulot ! Il y a aussi une émulation énorme en terme d’innovation et de performance dans les chantiers locaux et sur les régates locales.

– Ta solution pour allier travail et passion ?

Bien sûr, j’ai eu des moments de doute et de tension, lors desquels tu es prêt à tout arrêter. Je pense que de monter et de développer différents projets sportifs m’a permis de rester motivé et satisfait. C’est important de développer son réseau, de savoir saisir des opportunités professionnelles mais aussi de se garder du temps pour la navigation plaisir, et surtout l’entraînement physique et technique pour rester au niveau ! Dernièrement, j’ai réussi à me laisser tous les mardis soir pour naviguer avec mes amis et j’ai pu participer pour le plaisir au Bol d’Or Mirabaud, à la Genève-Rolle-Genève ou encore aux 6 heures de Nernier.

– Qu’est ce qui est le plus dur dans la navigation en équipage ?

La communication sans hésitation! Le retour d’infos tactiques et stratégiques est très souvent problématique. Il faut trouver un langage commun, pour que les équipiers puissent intervertir les rôles. Je fais souvent intervertir les binômes : barre-GV, Embraque – n°1… Il faut développer un tableau de référence, poste par poste, et des fiches spécifiques à la technique et à la communication. La technique est facile à travailler en comparaison, car on a tous les mêmes repères !

– C’est quoi une journée idéale d’entraînement pour le Bol d’or ?

Celle d’un Samedi le mois dernier, avec de la bise. Partis le matin pour monter avec 15 noeuds de vent à Nernier, petit stop pour manger des filets de perche avant de redescendre sous spi avec 30 nœuds de vent, et en partant au tas deux fois. Ce type de journée est vraiment formateur car tu sors de ta zone de navigation classique, tu as le temps de travailler un ensemble de choses, comme les changements de voile, tu travailles la cohésion d’équipage avec un débriefing à la mi-journée, et tu as des conditions de vent qui font gagner en confiance tout l’équipage!

– Tes prochains projets ?

Je souhaite pérenniser l’initiative Melges 32, avec un équipage qui navigue de manière hebdomadaire et essayer d’avoir davantage de bateaux. Le Spi Ouest France pourrait être un beau projet pour le début de saison. Sinon j’envisage aussi une participation à une course dans les Cyclades , les 600 milles de la mer Egée ! Le développement et l’aboutissement de ces projets sportifs dépendront des partenaires et sponsors intéressés par ce programme de navigation !

Bon vent Jonathan, et bonne continuation pour tous ces projets!

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